Hôpital Numérique étendu : le rôle majeur de l'interopérabilité

image de l'interopérabilité

Cette mini-conférence présente une vue panoramique des acteurs externes et de leurs enjeux pour l'hôpital, en mettant en avant l'interopérabilité comme accélérateur et catalyseur des échanges. Elle a été organisée par la société Enovacom et a été présentée par François DECOURCELLE, responsable des offres interopérabilités pour cette même société. Cet échange s'est déroulé le Jeudi 22 Mai 2014 de 11h à 11h45.

Cette vision panoramique a décrit deux grands types d'acteurs : les administratifs et les médicaux, avec chacun leurs propres enjeux. Pour terminer, cette conférence s'est achevé sur les différentes normes actuelles, et surtout futures, qui structurent les échanges et qui doivent être suivi de près.

Les acteurs administratifs : un enjeu économique pour les hôpitaux

Les acteurs administratifs sont nombreux au sein du monde de la santé, et particulièrement dans les hôpitaux. Il peut s'agir de l'État directement mais cela peut aussi être d'autres branches plus indirecte comme la CPAM ou bien les mutuelles. Concernant leurs enjeux, l'économique est aisément identifiable ici dans la mesure où ce sont ces organismes administratifs externes qui vont donner aux établissements de soin leurs recettes.

Un deuxième enjeu important dans la mise en place d'une bonne interopérabilité avec ces organismes est le pilotage, l'organisationnel. L'échange d'information ou d'autres éléments n'est pas le même entre le modèle matériel et dématérialisé. Il faut réussir à gagner en organisation avec le rapprochement de ces deux process.

L'informatisation croissante des hôpitaux et des établissements de soin amène une partie de cette interopérabilité. Cependant, on n'est pas encore au maximum possible, par exemple, si l'interopérabilité était vraiment poussée, il serait possible de communiquer directement de plateforme à plateforme de manière électronique. Ainsi, pour donner une image concrète, il faudrait pouvoir recevoir des factures des fournisseurs de manière dématérialisée et qu'elles s'enregistrent automatiquement dans le SI Compta et, vice-versa pour le paiement de ces factures à ces fournisseurs.

Les acteurs Médicaux : les échanges autour du patient

Le deuxième type d'acteur regroupe tous les acteurs médicaux. Cela inclut les réseaux de soin, la télémédecine, l'HAD, la veille sanitaire, la communication ville/Centre Hospitalier, etc.

Les enjeux sont multiples :

  • le patient est un enjeu en lui-même car il est demandeur d'information et il faut pouvoir lui fournir simplement sans courir après l'information ;
  • la santé publique ;
  • la partie économique et stratégique : commune avec les acteurs extérieurs dont on a parlé précédemment.

Normes et réglementations

De grands chantiers sont en cours dans le milieux de la santé et qui ont besoin de cette interopérabilité. Nous pouvons citer ici la T2A, la FIDES (prochainement), PES v2, ROC.

Rappel des sigles et de ce qu'ils signifient

  • T2A : Tarification à l'activité/à l'acte. Cela désigne le fait que les établissements ne gagnent de l'argent que sur les actes médicaux qu'ils ont réalisés.
  • FIDES : Facturation Individuelle Des Établissements de Santé. Actuellement, les établissements envoient à la CPAM leurs factures sur les actes médicaux réalisés à la fin de chaque mois. L'objectif de la FIDES est de pouvoir envoyer ses factures au fil de l'eau, et non par paquet à la fin de chaque mois.
  • PES v2 : ce plan voit la mise en place la dématérialisation des flux comptables au sein des établissements de soin.
  • ROC : il s'agit de la communication avec les mutuelles, à l'instar de la FIDES.

La chaine fournisseur

Le plan PES v2 va amener les établissements à réfléchir sur la dématérialisation des flux avec leurs fournisseurs, comme énoncé plus haut. L'échange de facture totalement dématérialisé va entrainer une meilleure maitrise des coûts et amener des gains considérable en délai de traitement.

Évolution dans les échanges médicaux

Aujourd'hui, les formats utilisés sont la plupart du temps sous forme HL7 dans sa version 3.0, s'inscrivant dans un modèle IHE ou HPRIM.

Ces formats sont standards et utilisent principalement des fichiers textes, du XML et du HTML. L'évolution de ces formats voient la mise en application des web-services pour l'échange d'information. C'est ainsi que la norme FHIR (prononcé "fire" en Anglais) se construit, en remplacement/complément de HL7 3.0.

Mais nous pouvons aussi citer d'autres normes/standards intéressants comme LOINC ou SNOMED, qui sont plus destinés à la codification globale de mots ou à l'identification.

intérêt des formats ouverts dans l'interopérabilité

Conclusion

L'interopérabilité entre les différents équipements hospitaliers est cruciale, mais la réflexion peut être poussée encore plus loin en mettant en place cette interopérabilité avec les acteurs administratifs et les fournisseurs de tous types.
L'ensemble des gains de cette interopérabilité en vaut la chandelle : tant dans les gains de temps que d'argent générés, mais aussi dans les changements organisationnels que cela implique.

Cette interopérabilité, déjà assurée en grande partie par la norme HL7, va s'orienter vers une architecture web-service dans les mois et les années à venir ; grâce à la venue - entre autre - de la norme FHIR. À suivre de près...